Wright Salisbury

Qui est Marguerite Oppenheim ?


Qui est Marguerite Oppenheim ? jai demand mon nouveau ami.

Vous devez me demander plutt, qui tait Marguerite Oppenheim, il a rpondu. Elle tait lune qui a chapp. Vous savez, on prise le plus celle qui nous a lud, bien plus si ctait une femme, une belle femme, une belle jeune femme.

Il a soupir. Il avait bu beaucoup de vin ce soir l, et il semblait tre dans une humeur rflchie. Il y avait t beaucoup dannes, beaucoup de sicles... Il doit tre trs enivr, jai pens. Il dit nimporte quoi.

Je lavait invit chez moi prendre un pot dans lintention de lui emprunter un peu dargent, puisquil avait lair plutt prospre, mais je navais pas encore trouv lopportunit de lui poser le sujet, et donc jtais tonn quand il ma dit Voudrais-vous me prter de largent ?

Mais non, non! jai cri, peut-tre avec trop dinsistence. Pas du tout !

Pardonnez-moi, il a rpondu. La plupart des gens veulent memprunter de largent. Ctait comme a que jai perdu ma petite Marguerite. Enfin, pas exactement. Lhomme qui tait la cause de la perte de Marguerite ne voulait pas dargent; il voulait la jeunesse... et la fin, et essentiellement, Marguerite.

Jtais confus, dire le moins. a navait aucun sens du tout.

Ctait ma faute, compltement ma faute! il a continu. Jtais si dtermin davoir le jeune homme que jai laiss chapper ma Marguerite. Vous vous souvenez de la musique et des mots de Berlioz ? Il a commenc chanter voix basse:

Il faut me suivre encore
Jusqu cette alcve embaume
O repose ta bien-aime
A toi seul divin trsor!

Quelle folie, quelle btise, quelle stupidit ! Et quest-ce que javais gagn ? Son me ! Sans valeur ! Alors que avec ma puissance, jaurais pu, jaurais d, gagn son amour !

Cohortes infernales
Sonnez vos trompes triomphales !
Il est nous!

Bla bla bla. Bouffon, imbcile ! Si fier de ma conqute que javais oubli ce qui tait le plus important, lamour de Marguerite ! Ce que celui-l avait, aura, jusqu lternit ! Tout le monde pense que je suis si intelligent. Le Prince des Tnbres ! Ha ! Le Prince des Idiots !

Je lai laiss parler, puisque ctait ce quil semblait vouloir faire. Mais il avait fini. Il sest lev et, jetant un paquet pais de billets sur la table, il a mis son impermeable noir avec la doublure rouge flambante. Mais comment puis-je vous rembourser ? Quand?, je lui ai demand.

Jamais !, il a braill Personne ne peut jamais me rembourser! Et il a chancel travers la porte et dans les tnbres de la nuit.

Comme il disparaissait, jai entendu un choeur infernal qui chantait mystrieusement:

De cette me si fire
A jamais es-tu matre
Et vainqueur, Mfisto?

Et jai entendu, plus faible, une voix qui en criant, Matre! Vainqueur ! Ha !

 

All rights belong to its author. It was published on e-Stories.org by demand of Wright Salisbury.
Published on e-Stories.org on 09/07/2011.

 

Comments of our readers (0)


Your opinion:

Our authors and e-Stories.org would like to hear your opinion! But you should comment the Poem/Story and not insult our authors personally!

Please choose

Previous title Next title

Does this Poem/Story violate the law or the e-Stories.org submission rules?
Please let us know!

Author: Changes could be made in our members-area!

More from category"Humour" (Short Stories)

Other works from Wright Salisbury

Did you like it?
Please have a look at:

Heaven and Hell - Rainer Tiemann (Humour)
Heaven and Hell - Rainer Tiemann (Humour)